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Services Web : de l'infrastructure à la sémantique

Répondez à cet article.

XMLfr a assisté pour vous à ce séminaire, organisé par le W3C.

Eric van der Vlist, Dyomedea (vdv@dyomedea.com).
lundi 6 mars 2006

Table des matières

Introduction

Notes prises lors du séminaire

Introduction - Hugo Haas (W3C) [présentation]

SOAP 1.2, MTOM et leurs applications - Hervé Ruellan (Canon) [présentation]

Universalité des Services Web dans l'industrie du voyage et du tourisme – Denis Lacroix (Amadeus) [présentation]

Services Web : utilisation et challenge dans les téléphones mobiles - Timo Skytta (Nokia) [présentation]

Les Services Web dans les webs sémantiques en entreprise - Fabien Gandon (INRIA) [présentation]

Démonstrations - Yves Lafon (W3C) et Eric Prud'hommeaux (W3C) [présentation, présentation]

Mes commentaires

Autres articles :

Introduction

Les rapports entre Services Web et Web Sémantique m'ont toujours semblé être à la fois indispensables et trop négligés.

Leur nécessité a pourtant été reconnue dès le début puisque :

  • Simon St.Laurent  relevait déjà la mention de "l'interaction potentielle [de WSDL] avec des activités en cours au W3C, notamment W3C XML Schema, XML Protocol, XForms et l'activité Web Sémantique" lors de la publication de WSDL en tant que note W3C en mars 2001.
  • Edd Dumbill  notait au moment de la création de l'activité Services Web en février 2002 que "la nouvelle activité comprend également un Groupe de Coordination dont le rôle est de coordonner les Groupes de l'Activité et de coordonner les travaux avec l'Activité Semantic Web."

Ces déclarations n'ont jamais vraiment réussi à rassurer l'équipe éditoriale de XMLfr ainsi que le témoignent l'interview que m'a consacré 01 Informatique en juillet 2001 ou les articles que Claude Chiramonti a écrit en 2003 sur le sujet (voir notamment « Semantic Web et/ou Services Web ? » ou « Sémantique du Web : automatiser en confiance »).

Le titre de ce séminaire « Using Web services: from infrastructure to semantics » ne pouvait donc manquer de piquer ma curiosité.

Notes prises lors du séminaire

Introduction - Hugo Haas (W3C) [présentation]

Hugo Haas
Hugo Haas

Hugo Haas fait une rapide présentation du projet WS2 (Web Services and Semantics) visant à standardiser l'utilisation de sémantique au sein des Services Web.

Il rappelle ensuite que la couverture des Services Web au W3C est composée des briques suivantes :

  • Un framework de messagerie : SOAP + MTOM + Adressage
  • Un langage de description de services (WSDL 2.0)
  • Un langage de description de chorégraphie (WS-CDL 1.0)

Ainsi, que pour ajouter de la sémantique à ce framework :

  • RDF Mappings
  • Annotations sémantiques (en démarrage)
  • Caractérisation (à venir)

SOAP 1.2, MTOM et leurs applications - Hervé Ruellan (Canon) [présentation]

Hervé Ruellan
Hervé Ruellan

La présentation d'Hervé Ruellan permet de rappeler la manière dont s'articulent les différentes spécifications SOAP.

Le succès du web est dû à la facilité du partage des données (HTML sur HTTP). L'évolution logique est d'utiliser ce partage aux applications en gardant un principe de couplage lâche.

La standardisation des Services Web au W3C a abouti à SOAP 1.2 composé de trois recommandations : primer, messaging, bindings.

Un message SOAP est transféré entre un émetteur et un récepteur et peut passer par des intermédiaires. Il est composé d'une enveloppe et d'un corps.

La recommandation décrit la structure de ces messages et la manière dont ils doivent être traités.

Les bindings décrivent comment utiliser les messages SOAP avec différents protocoles (HTTP, SMTP, ...).

Les fonctionnalités SOAP (SOAP features) permettent d'étendre SOAP, via son modèle de traitement ou via son mécanisme de binding.

SOAP RPC est un ensemble de conventions pour utiliser SOAP comme un mécanisme de RPC (Remote Procedure Call). Le modèle de données SOAP décrit comment convertir les données XML en données applicatives.

Un MEP Message Exchange Pattern est un template décrivant l'échange de plusieurs messages SOAP.

Le binding HTTP est un MEP décrivant l'utilisation de SOAP avec HTTP.

L'utilisation de données binaires pose un problème (base64 représente un overhead de 33% par rapport aux données binaires). Pour résoudre ce problème, XOP décrit comment gérer les données binaires.

Un package XOP contient un document XML et des données binaires (utilisation de xop:Include). La vue logique sur un package XOP est un document XML avec les données binaires codées en base64, ce qui permet de garder une compatibilité avec l'approche XML.

MTOM décrit comment utiliser XOP avec SOAP sous forme d'une extension au binding HTTP s'appuyant sur Mime.

Universalité des Services Web dans l'industrie du voyage et du tourisme – Denis Lacroix (Amadeus) [présentation]

Denis Lacroix
Denis Lacroix

Pour Amadeus, tout logiciel est un service (« software as a service top to bottom »). Amadeus gère une moyenne de 6300 transactions par seconde, avec des pointes à 12 500 tps et moins de 180 secondes d'indisponibilité par mois.

L'interrogation des différentes compagnies aériennes se fait depuis 20 ans en Interactive EDIFACT. Amadeus a adopté SOAP depuis la version 0.8 en 1999, avant même que le W3C ne se penche sur la question. Aujourd'hui, SOAP est utilisé un peu partout, du moins à la périphérie du système.

Quels sont les problèmes? A 12 000 tps, Amadeus n'envisage pas de réécrire tout ses échanges sous forme de services web. Cela poserait des problèmes de performance (parsing), de trafic (verbosité).

Denis Lacroix insiste sur le fait que les Services Web doivent être utilisés correctement et à bon escient.

Il mentionne de nombreux problèmes d'interopérabilité entre implémentations.

Autre point bloquant : la standardisation des vocabulaires métiers utilisables dans le corps des messages n'est toujours pas au niveau de celui d'EDIFACT.

Services Web : utilisation et challenge dans les téléphones mobiles - Timo Skytta (Nokia) [présentation]

Timo Skytta
Timo Skytta

Timo Skytta rappelle les intérêts des Services Web :

  • indépendance de plateforme.
  • interopérabilité.
  • génération automatique de code.

Il mentionne REST comme une alternative à SOAP et le fait que certains grands fournisseurs ne proposent que des Services Web REST. Ainsi, eBay a fermé la version SOAP de ses services et Yahoo est uniquement REST.

Concernant les différents formats spécifiques aux mobiles, il indique que la tendance chez Nokia est de faire en sorte que le mobile se comporte comme un navigateur « normal » : bien que les spécifications spécifiques aux mobiles soient techniquement bien faites, elles ne sont généralement pas utilisées par les fournisseurs de contenu pour des raisons de taille de marché.

Il détaille les problèmes des utilisateurs des technologies des Services Web face au manque de maturité des spécifications : les versions des spécifications évoluent rapidement tant que ces spécifications ne sont pas stabilisées. De plus, sur certains domaines, plusieurs spécifications, parfois proposées par des consortiums différents peuvent être proposées et des choix contradictoires sont parfois imposés par le marché.

Il souligne que les spécifications sont encore très mouvantes, que REST et WS-* sont en plein essor et que rien n'est joué en ce qui concerne la standardisation des Services Web.

En pratique il est souvent nécessaire de supporter plusieurs versions différentes de plusieurs méthodes différentes.

Tous les smartphones Nokia supportent maintenant les Services Web.

Les Services Web dans les webs sémantiques en entreprise - Fabien Gandon (INRIA) [présentation]

Favien Gandon
Favien Gandon

Fabien Gandon introduit son exposé en mentionnant trois grands projets qui démarrent actuellement :

  • eWoks hubs (IFP, INRIA, ENSMA, EADS, BRGM, ENSMP, CRCFAO) : gros besoins de partage de connaissance dans le domaine du piégeage de CO2.
  • SeaLife world-wide lab : partage de connaissance dans le domaine des sciences de la vie.
  • SevenPro and eDesign : intégration d'outils dans le domaine du design industriel.

Revenant sur la présentation des différentes activités du W3C, il souligne ensuite la séparation entre deux « stacks » différentes : Web Services et Web Sémantique. Suivent ensuite la présentation du « semantic cake » ainsi que des rappels introduisant RDF, SPARQL, RDF Schema et OWL.

Le "semantic cake"
Le "semantic cake"

Il présente ensuite une application pilote mise en place à l'INRIA qui peut être qualifié de système de Knowledge Management appliqué à l'EAI (Enterprise Application Integration) et accessible en intranet.

Les Services Web sont annotés ainsi que de leurs entrées, sorties, qualité de service, ...

Ces informations sont formalisées et stockées dans une ontologie en utilisant les technologies du Web Sémantique.

Il devient alors possible de rechercher un service web en utilisant un moteur de recherche sémantique.

Il est également possible d'utiliser ces informations pour composer dynamiquement des services web (de manière manuelle, semi-automatique ou automatique).

Cette utilisation des technologies du Web Sémantique devrait donner lieu à des développements dans le cadre du W3C.

Démonstrations - Yves Lafon (W3C) et Eric Prud'hommeaux (W3C) [présentation, présentation]

Yves Lafon
Yves Lafon

Yves Lafon montre l'accès aux ressources W3C (tels que le validateur CSS) sous forme de Services Web.

Ce service est disponible sous forme d'un service SOAP décrit en WSDL 2.0 accessible via HTTP GET, ce qui fait dire à Yves Lafon que la différence entre SOAP et REST est artificielle. Il montre comment accéder à ce service au moyen d'un script shell et d'une application Ajax.

Eric Prud'hommeaux
Eric Prud'hommeaux

Eric Prud'hommeaux montre comment ajouter des annotations sémantiques dans un document WSDL. Si l'approche montrée par Fabien Gandon peut être qualifiée d'annotations externes aux documents WSDL, Eric Prud'hommeaux propose des annotations internes, intégrées aux documents WSDL.

Eric Prud'hommeaux indique qu'il préfère cette approche parce qu'elle peut être plus facile à maintenir (les données sont groupées dans un document unique).

Les applications potentielles sont les mêmes que celles qui ont été citées par Fabien Gandon.

Mes commentaires

En ce qui concerne l'opposition entre REST et SOAP, je n'ai guère été convaincu par l'argument d'Yves Lafon qui n'a montré que l'utilisation de la méthode HTTP GET alors que le respect des règles architecturales REST passent par l'utilisation des différentes méthodes HTTP (GET et POST mais également PUT et DELETE) ce qui n'est pas possible avec SOAP.

De même, WSDL 2.0 ne permet pas de décrire un système REST typique où les URIs à utiliser pour lire, modifier ou détruire une ressource dépendent de la ressource et non seulement du service (ils sont souvent envoyés de manière dynamique en réponse à la requête HTTP POST qui a créé la ressource).

L'analyse des divergences entre le modèle REST et le triptyque SOAP/WSDL/UDDI que j'avais réalisé lors de la Convention Web Services en avril 2004 reste donc pertinente.

Un des autres aspects qui m'ont frappés lors de ce séminaire est le décalage qui semble exister entre la promesse d'interopérabilité des Services Web et les problèmes de manque d'intéropérabilité entre implémentations soulignés par plusieurs des orateurs.

Ce constat est à rapprocher d'un billet Web récent de Dare Obasanjo qui a fait l'objet d'une brève sur XMLfr. Pour Dare Obasanjo, ces problèmes viennent d'un processus de spécification engagé de manière prématurée avant que les technologies n'aient eu le temps de mûrir et je pense que son analyse ne manque pas de justesse.

Si on le rapproche de l'exposé de Timo Skytta qui montrait au contraire le désarroi d'utilisateurs face à des technologies insuffisamment standardisés (ou standardisées trop tardivement), on a une bonne illustration de la position du W3C pris en tenailles entre le souhait d'intervenir sur les technologies le plus rapidement possible pour faciliter leur adoption et influer sur leur architecture et le risque d'intervenir trop tôt et de standardiser de manière prématurée des technologies encore mouvantes.

Il semble que ce soit une des raisons qui ont fait différer le début des travaux sur les synergies entre Services Web et Web Sémantique et Philippe Le Hégaret (responsable du domaine architecture au W3C) m'a affirmé qu'ils considéraient que les technologies commençaient juste à atteindre le niveau de maturité nécessaire pour envisager une standardisation dans ce domaine.

Marie-Claire Forgue (European Communications Officer) m'a confirmé qu'un communiqué de presse devraient très prochainement annoncer des avancées dans ce domaine.

Espérons que ces développements pourront faire taire les inquiétudes concernant une divergence entre les Services Web et le Web Sémantique qui ont pu naître, au sein et en dehors de l'équipe de rédaction de XMLfr.

Autres articles :

Copyright 2006, Eric van der Vlist


 

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