Accueil
 chercher             Plan du site             Info (English version) 
L'histoire de XML s'écrit en ce moment même. XMLfr vous aide à la suivre et à en dégager les tendances.Les listes de discussions XMLfr sont à votre disposition pour réagir sur nos articles ou simplement poser une question.Si vous ètes passionnée(e) par XML, pourquoi ne pas en faire votre métier ?XMLfr n'est heureusement pas le seul site où l'on parle de XML. Découvrez les autres grâce à XMLfr et à l'ODP.Les partenaires grâce auxquels XMLfr peut se développer.Pour tout savoir sur XMLfr.XMLfr sans fil, c'est possible !Pour ceux qui veulent vraiment en savoir plus sur XML.L'index du site.
 Manifestations XML francophones et internationales.L'actualité des affaires et stratégies XML.L'actualité des technologies XML.Les nouveautés et l'actualités de notre site.Pointeurs sur l'actualité XML sur d'autres sites, en français comme en anglais.


Dix années de XML chez Adobe France

Répondez à cet article.

A l'occasion des dix ans de la publication de la recommandation XML 1.0, Jimmy Barens, directeur avant-vente chez Adobe France répond aux questions de XMLfr. Il fait le point sur ces dix années de XML et de son utilisation dans son cadre professionnel.

Michel Duperrier, organisateur de l'initiative de business networking sparklingPoint (http://sparklingPoint.com).
mercredi 26 mars 2008

Michel Duperrier : A quel moment et pour quelles raisons avez-vous commencé personnellement à vous intéresser à XML ?

Jimmy Barens : Je suis tombé dedans très tôt ;-) J'ai fait mon rapport de fin d'études à l'EPITA en 1994 sur « le marché et l'opportunité SGML en entreprise » avec le support du SGML's Users Group France. Cette thématique s'inscrivait plus globalement dans les nouvelles tendances et normes commençant à s'imposer en entreprise. On parlait alors de concepts comme CALS, Just-In-Time, et de formats comme CGM, SGML. J'avais choisi cette thématique car je trouvais ce concept de structuration de l'information très puissant et plein de promesses pour l'échange de données entre systèmes hétérogènes.

Plus tard, XML est né sur les bases de SGML avec un souci de modernisation, de simplification et de prise en compte des besoins du marché. J’ai naturellement suivi cette évolution et j’ai évolué avec elle.

MD : Qu'attendiez-vous de ces technologies ?

JB : L’informatique souffrait – et souffre toujours - de la multitude de formats disponibles sur le marché (propriétaire ou standard). XML, apportait la promesse de l’émergence d’un « esperanto » permettant de décrire tous types de données. SGML en son temps faisait la même promesse mais le marché n’était pas prêt. Avec XML, le succès a été rapide et permet aujourd’hui d’avoir une grammaire et une syntaxe universelles.

MD : Auparavant, vous intéressiez-vous déjà à SGML ? A HTML ?

JB : Pour SGML, que j’ai déjà évoqué ci-dessus, nous étions une poignée en 93/94 à savoir de quoi nous parlions. C’était l’affaire des spécialistes à cette époque ;-). Pour HTML, c’est une autre histoire. Le cheminement est différent. On découvre HTML car on s’intéresse au Web et que l’on veut publier et mettre en ligne un contenu. C’est une syntaxe simple et rapide, tout le monde se l’est approprié rapidement, moi y compris. Travaillant chez Adobe depuis dix ans, j’ai aussi pleinement vécu la révolution du Web et surtout la révolution des outils de conception de site comme GoLive et plus récemment Dreamweaver avec le rachat de Macromedia.

MD : Quelle a été votre première mise en œuvre de XML chez un client ? A quelle date ?

JB : Cela a été la mise en place de la documentation après-vente au sein de Renault et de Fiat dans les années 97/98. J’étais alors dans une SSII connue sous le nom de Sarde à l’époque (aujourd’hui Avantias). Nous avons démarré les travaux en SGML et quand j’ai quitté le projet nous étions en train de convertir les DTD SGML en Schéma XML.

MD: Quel était le problème à résoudre ?

JB : Le but était d’arriver à automatiser la production des documents après-vente à partir de composants structurés. En effet, une des grandes problématiques des constructeurs de voitures est de fournir une documentation de qualité et à jour pour leur réseau mais aussi pour les concessionnaires hors réseau. Les problématiques de mises à jour en particulier étaient critiques à l’époque, il fallait plusieurs semaines pour diffuser une information nouvelle dans le réseau sans réelle maîtrise de la mise à jour manuelle par les concessionnaires.

L’idée du projet était de mettre tous les modules d’informations « élémentaires » en base pour pouvoir créer dynamiquement et à la volée une documentation par rapport à une finition et un modèle de voiture spécifique. L’idée était aussi de « pousser » cette information dans des temps très courts, en utilisant Internet comme moyen de diffusion. Nous avions mis en place une chaîne de production avec un éditeur XML (plusieurs éditeurs ont été testés) pour la saisie des modules d’information, une base de données (Astoria), un moteur de composition (FrameMaker) et un format de diffusion électronique (PDF).

MD : Quelle a été la valeur ajoutée de XML dans ce projet ?

JB : Sans modèle de structuration, nous n’aurions pas pu venir à bout de ce projet. Le métalangage SGML/XML était la fondation du projet. Tout reposait sur cette capacité à représenter l’information sous forme homogène et structurée. Nous avons particulièrement mis l’accent sur les attributs en les utilisant comme métadonnées du module. Cette approche nous a permis d’être très précis dans la documentation que nous produisions par rapport à un véhicule en particulier. Nous prenions en compte l’applicabilité de la chaîne de production.

MD: Quels enseignements avez-vous pu en tirer ?

JB : De la méthode, de la méthode et de la méthode. Il faut comprendre très précisément l’usage final des données, les besoins utilisateurs, les contraintes techniques de l’existant et surtout s’appuyer sur une rigueur sans faille dans le processus de modélisation de la structure.C’est clairement cette partie qui est la plus compliquée mais aussi la plus intéressante d’un projet comme celui-là. Il ne faut pas travailler tout seul dans la phase de modélisation, il faut confronter les idées et les approches pour obtenir le meilleur résultat.

MD : Avez-vous des exemples de formats XML qui sont réutilisés ou ont été créés ? Sont-ils standards ou quel est leur degré d'ouverture ?

JB : Je vais parler de ceux qui sont proches d’Adobe :

  1. XMP (eXtensible Metadata Protocol), l’idée est de standardiser une représentation des métadonnées pour tous les formats de fichiers informatiques. XMP est basé sur la recommandation RDF du W3C. Ce format est publié et libre de droit.
  2. XFA (XML Forms Architecture) qui se veut une proposition globale d’architecture pour la gestion des formulaires électroniques (issu des travaux de JetForm/Accelio) et largement repris dans XForms.
  3. ePub, est un format de représentation des livres électroniques (eBook) appelé à devenir le standard du marché. Il est actuellement supporté par tous les acteurs en format de diffusion mais aussi sur les plates-formes de lecture dédiées.

Plus globalement, toutes nos technologies (PDF, Flash) tous nos outils auteurs supportent des importations et exportations en XML (InDesign, FrameMaker, Acrobat, ..) et nos outils serveurs sont même totalement basés sur XML pour décrire le langage de commande et de pilotage de notre offre LiveCycle.

Et enfin nous travaillons actuellement à l’XMLisation du PDF, à travers le projet « Mars ». Vous pouvez trouver plus de détails sur http://labs.adobe.com.

MD : Quelles technologies sont principalement utilisées : XSLT, W3C XML Schema, Relax NG, Schematron, XForms, XQuery, SOAP, REST/XML, Ajax... ?

JB : Nous utilisons le plus largement W3C XML Schema, XForms, XQuery et SOAP. Nos solutions d’interface Internet riche, Flex et AIR sont compatibles directement avec Ajax.

XML et ses dérivés sont parties intégrantes de nos solutions.

MD : Quels avantages apportent ces technologies : interopérabilité, standards, productivité, positionnement marketing... ?

JB : Pour reprendre le concept d’ « esperanto », XML apporte clairement une plus grande interopérabilité entre des systèmes hétérogènes. Ce résultat n’est possible que parce que tous les acteurs du marché se sont intéressés à XML et ont plus ou moins intégré ce format dans leurs possibilités d’import/export, nous offrant ainsi toujours une solution de communication.

L’aspect « standard » est plus complexe car certes XML est un standard mais dire je fais du XML ne veux pas dire grand-chose. Il faut parler d’XML dans un contexte d’utilisation. On va parler plus intelligemment d’XML pour un usage donnée, comme XForms est l’utilisation d’XML pour les formulaires. Dans ce cadre, on voit émerger des standards génériques et des standards par marchés verticaux.

En tant qu’éditeur, si vous ne faite pas la promotion de vos usages d’XML, il faut changer d’équipe marketing ;-)

Plus sérieusement, XML est devenu un « buzzword » qu’il faut absolument avoir sous peine de ne pas être dans la course. Il faut juste faire attention entre la promesse et la réalité technique.

MD : Avez-vous rencontré des limites formelles ou techniques de XML ?

JB : Rarement, la puissance du langage est déjà exceptionnelle en soi. J’ai parfois rencontré des problèmes dans des constructions de modèle faisant intervenir la récursivité.

MD : Ce que vous attendiez de XML s'est-il vérifié ? Avez-vous constaté des déceptions et de bonnes surprises ?

JB : Globalement, XML est une évolution majeure pour l’informatique et mes attentes se sont plus que réalisées !!!

Nous avons maintenant à notre disposition un langage que quasiment tout le monde s’est approprié et qui nous permet de toujours trouver une solution pour faire communiquer efficacement des systèmes hétérogènes entre eux.

MD : XML s'est-il banalisé dans votre organisation ou pensez-vous qu'il reste encore des étapes à franchir pour sa généralisation ? Est-il largement connu ? Largement utilisé ?

JB : Clairement, nous utilisons XML tous les jours dans l’entreprise. En commençant par les tâches administratives (traiter nos notes de frais, demandes de voyages, …) pour finir par l’utilisation de nos propres outils en interne (email, newsletter, site Web, publications …) en passant par nos outils de reporting et de suivi commercial (connexion avec SAP, back-office interne, …)

Adobe joue également un rôle important dans la diffusion de cette technologie à travers nos différentes initiatives et nos produits.

Je crois que nous sommes arrivés à un bon niveau de maturité à propos de cette technologie. Je pense qu’il y a encore des progrès à faire dans la qualité de modélisation des différents formats dérivés que l’on nous propose. C’est comme tout langage, il y en a qui développent correctement et « proprement » et d’autres qui ...

MD : Pensez-vous que l'utilisation de XML ait encore des territoires à conquérir ?

JB : Oui, bien sûr. C’est sans fin. Vous avez un nouveau besoin ? une nouvelle problématique ? Il y a possiblement un intérêt à utiliser la structuration de données et donc XML dans la solution à construire. XML est un métalangage, le nombre de langages dérivés est donc virtuellement illimité.

MD : Voyez-vous des domaines où XML n'est pas actuellement le mieux adapté ?

JB : Oui, partout où on ne connaît pas a priori l’information que l’on va manipuler. Il y plein d’usages où la structuration de l’information n’a que peu ou pas de valeur ajoutée.

La structuration est contraignante et peut être « coûteuse » en terme de traitement de données, elle n’est donc pas toujours nécessaire.

MD : Que souhaiteriez-vous voir résolu par XML dans les prochaines années ?

JB : Pas « résolu par XML » mais « résolu pour XML », en effet XML est standard mais les outils qui manipulent ce format ne le sont pas forcément. En particulier, j’aimerais avoir un « parseur » standard et exhaustif unique sur le marché, cela simplifierait grandement l’usage d’XML.

Voir aussi :

  1. Dix années de XML à l'INSEE
  2. Dix années de XML

Copyright 2008, Eric van der Vlist.


 

Mots clés.



L'histoire de XML s'écrit en ce moment même. XMLfr vous aide à la suivre et à en dégager les tendances.


Les documents publiés sur ce site le sont sous licence "Open Content"
Conception graphique
  l.henriot  

Conception, réalisation et hébergement
Questions ou commentaires
  redacteurs@xmlfr.org