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Vers une nouvelle guerre du Web?

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La création du WHATWG par Mozilla, Opera et Apple risque de donner lieu à une nouvelle guerre des standards sur le Web.

Eric van der Vlist, Dyomedea (vdv@dyomedea.com).
vendredi 3 juin 2005

En prenant le risque de changer le nom de la conférence XML Europe, nous avons souhaité marquer un changement d'orientation et une ouverture vers les technologies du Web et des formats ouverts.

Une semaine après la fin de la conférence, le temps du bilan est arrivé et on peut dire que cet objectif a été largement atteint.

XTech 2005 a été sponsorisée par Microsoft et co-organisée par la fondation Mozilla. Cet équilibre entre Microsoft et Mozilla a été respecté dans le programme, ces deux acteurs majeurs du Web assurant chacun une des sessions plénières.

Séduit par les sessions portant sur le Web et les navigateurs, je leur ai consacré plus de temps qu'à tous les autres thèmes réunis et en retire l'impression rafraîchissante d'un bouillonnement d'innovations (ou de petits bangs suivant l'expression de Mike Shaver) qui devraient bouleverser la manière dont nous concevons et développons les applications Web.

Si l'on doit se réjouir de ce regain de dynamisme après des années de relatif immobilisme, l'horizon n'en est pas moins obscurci par de gros nuages...

Tout d'abord, Microsoft (et plus particulièrement Internet Explorer) a été le grand absent des sessions placées sous le thème du Web. Les présentations de Jean Paoli et de Rob Relyea ont été beaucoup plus tournées vers MS Office et XAML, c'est à dire vers une architecture de « client lourd » que vers le Web tel que nous le connaissons.

La guerre des navigateurs telle que nous la connaissons depuis des années n'est donc pas morte!

Plus nouveau et plus préoccupant à mon sens, les concurrents de Microsoft semblent eux aussi susceptibles d'entrer en guerre contre le W3C.

C'était particulièrement évident dans la session qui a vu se succéder Steven Pemberton présentant XHTML2 pour le W3C et Ian Hickson présentant HTML 5 pour le WHATWG.

Le WHATWG (Web Hypertext Applications Technology Working Group) est un groupement composé de Mozilla, Opera et Apple. Faisant le constat que les organismes de standardisation existants (W3C et IETF) se préoccupent du Web dans son ensemble sans se concentrer sur les applications web en particulier, le WHATWG s'est donné l'objectif de produire des spécifications comblant les manques dans ce domaine.

Ses principales réalisations à ce jour sont Web Forms 2.0, une spécification intermédiaire entre les formulaires Web HTML actuels et XForms et l'ajout de l'élément HTML <canvas/>.

On voit donc que, même s'il se positionne officiellement comme étant complémentaire au W3C, le WHATWG n'a pas peur de publier des spécifications qui entrent en concurrence frontale avec des recommandations W3C. Cette session a été l'occasion de mieux mesurer le fossé qui sépare les visions du W3C et du WHATWG en ce qui concerne l'avenir de (X)HTML.

La définition du problème à résoudre est pourtant la même des deux côtés : les éléments (X)HTML existants sont devenus insuffisants pour la richesse des applications du Web d'aujourd'hui.

Les solutions techniques proposées pour résoudre ce problème sont par contre radicalement opposées.

Pour illustrer cette différence, prenons l'exemple du traitement d'une demande d'ajout d'un élément particulier tel que <aside/> qui permet de définir une note à propos d'un texte.

Côté W3C, on cherche à séparer clairement la sémantique de la structure des pages Web. Pour cela, XHTML 2.0 comprendra moins d'éléments que XHTML 1.0 et ces éléments n'auront aucune valeur sémantique. La sémantique sera quant à elle, représentée par un attribut « property » pouvant être présent dans tous les éléments et permettant de relier l'élément à un identifiant sémantique.

La réponse du W3C serait donc : utilisez l'élément de structure le mieux adapté (dans ce cas, un élément <div/> semble faire l'affaire) et affectez lui une propriété « aside » dans un espace de noms que vous aurez défini : <div property="mon:aside">...</div>.

Si votre demande est suffisamment générique, il sera envisagé de lui attribuer une propriété faisant partie de l'espace de noms XHTML (<div property="aside"/>), dans le cas contraire vous utiliserez un espace de noms qui vous sera propre (<div property="mon:aside"/>). Dans les deux cas, vous aurez une solution adaptée à votre demande sans que le vocabulaire XHTML 2.0 n'en soit alourdi.

Côté WHATWG, on recherche une simplicité à court terme. Si vous n'arrivez pas à les convaincre du bien fondé de votre demande, la réponse sera donc "pas question". Dans le cas contraire, un élément <aside/> sera ajouté au vocabulaire HTML.

C'est une démarche qui, sous son apparente simplicité, cache deux risques majeurs :

  • Si vous n'arrivez pas à faire suffisamment pression pour que votre demande soit acceptée, vous êtes bloqué.
  • Le vocabulaire HTML risque de devenir de plus en plus complexe sans pouvoir pour autant satisfaire toutes les demandes.

C'est un problème de méthodologie bien connu qui est loin d'être spécifique à HTML.

Un exemple illustrant les difficultés liées à la méthode suivie par le WHATWG est DocBook.

DocBook est un vocabulaire XML créé à l'origine pour éditer des documentations techniques. La variété des publications qui utilisent DocBook l'a confronté au même problème et sous la pression de ses utilisateurs, il comprend maintenant plus de 400 éléments.

Ce nombre d'éléments complique nettement la tâche de tous les utilisateurs de DocBook :

  • Les auteurs ont du mal à s'y retrouver lorsqu'ils éditent leurs documents. Malgré cela, ils ne peuvent pas toujours trouver l'élément qui convient à la sémantique de ce qu'ils veulent exprimer.
  • Développer une feuille de style CSS ou une transformation XSLT qui gère DocBook est un travail qui demande de gérer chacun de ces 400 éléments.

L'approche WHATWG risque donc, pour privilégier un semblant de simplicité à court terme, de transformer HTML en un nouveau DocBook!

C'est d'autant plus regrettable que le W3C propose avec XHTML 2.0 une solution qui permet de résoudre tous les problèmes qui justifient la proposition du WHATWG sans présenter ce risque.

Et c'est d'autant plus dangereux que le WHATWG est composé des développeurs des navigateurs "non Microsoft" qui ont commencé à implémenter certaines de leurs propositions avant même qu'elles ne soient totalement fnalisées.

Ignoré par Microsoft et concurrencée par le WHATWG, l'avenir de XHTML 2.0 semble donc bien incertain.

C'est dommage pour une spécification aussi prometteuse!

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Copyright 2005, Eric van der Vlist


 

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