En vérité, le drame de Babel n'est pas la perte du langage originel donné par Dieu aux hommes, mais le fait que les corps de métier ne se comprenaient pas, faute d'un mapping entre leurs langages professionnels !
Extrait de VendrEDI, la lettre mensuelle gratuite de Claude Chiaramonti qui porte sur les données des échanges électroniques en EDI, XML et Web Services. Pour s'abonner : courrier.vendredi@club-internet.fr.
jeudi 9 octobre 2003
Pour éviter la babélisation, il y a donc deux solutions : soit le langage universel du genre d'UBL (Universal Business Language), soit des outils de mapping au niveau sémantique pour assurer la correspondance entre les données des corps de métier tout en respectant leur diversité conceptuelle. Cette correspondance entre données est précisément l'objectif d'OWL (Web Ontology Language), dérivé des projets américain DAML et européen OIL qui vient d'acquérir le statut de candidate recommandation, ce qui signifie que, pour le W3C, OWL est assez stable pour justifier des implémentations.
OWL est ainsi la clef de voûte d'outils ayant à la base XML et RDF. OWL comporte trois niveaux de complexité croissante, d'OWL Lite à OWL Full pour disposer d'une syntaxe et d'un vocabulaire étendu et précis décrivant les propriétés et les classes comme les relations des classes entre elles. Deux exemples d'utilisation, dans les domaines du transport et de la recherche biologique. Une extension progressive d'OWL à d'autres domaines est souhaitée par le W3C, avec la possibilité de formaliser les points de contact sémantiques entre domaines.
Se dessine ainsi la possibilité d'un monde multipolaire (et pourquoi pas multilingue), où les sémantiques seraient reliées, SI BESOIN, évitant ainsi la fameuse babélisation. OWL rendrait inutile l'uniformisation rampante qui suivrait le recours à UBL, déjà repris dans un BABL de Berkeley : en effet, OWL, outil du Semantic Web, vise à rendre le Web machine readable, y compris pour de l'e-business automatisé comme les Services Web.
D'ailleurs SWWS (Semantic Web Enabled Web Services), projet européen IST avec Oracle, mais sans francophones, étudie RDF et OWL comme framework pour la partie sémantique des Services Web et la convergence SW et WS. L'e-business peut, certes, utiliser le messaging d'ebXML, mais sans se couper, au niveau sémantique, du reste du monde. Et l'EDI installé aurait intérêt à vérifier que la formalisation de sa sémantique pourrait être améliorée par OWL.
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