Lorsque Microsoft et IBM préparent les premières spécifications des Services Web à la WS-I, Web Services Interoperability Organisation, ne sacrifie t'on pas la démocratie à l'efficacité?
Extrait de VendrEDI, la lettre mensuelle gratuite
de Claude Chiaramonti,
qui contribue au passage de l'EDI traditionnel (Edifact et RVA) à
XML sur Internet.
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mardi 3 décembre 2002
Le processus de standardisation des outils de base des WS (Web Services) a lieu principalement au W3C, à Oasis et maintenant à la WS-I, Web Services Interoperability Organisation, où Microsoft et IBM préparent les premières spécifications en collaborant avec les spécialistes de chaque thème, VeriSign, BEA etc. Les propositions adoptées par WS-I sont ensuite présentées à Oasis ou au W3C : naturellement, elles tiennent d'abord compte de la cohérence avec les produits Microsoft ou IBM !
La démocratie dans l'élaboration des standards est certes de permettre à chacun de participer. Mais pratiquement, c'est toujours l'entreprise qui contribue en consacrant du temps et de l'argent qui finit par voir ses propositions reprises dans le standard. Et ce n'est pas choquant sur le principe, bien que cela entretienne les situations acquises ! Mais comment prétendre rechercher concrètement l'interopérabilité sans tenir compte du fait que les produits Microsoft sont déjà en usage chez l'immense majorité des utilisateurs ! Ce qui n'est pas démocratique, c'est quand la WS-I empêche Sun d'être membre de son Bureau, mais il paraît que cela devrait s'arranger bientôt…
A côté de cette maintenance "efficace" de standards de facto, la normalisation officielle est certes plus démocratique. Mais est-elle efficace ? Par exemple, le MoU (Memorandum of Understanding) sur l'e-business entre tous les organismes de normalisation officiels, ISO, IEC, ITU, Cefact-Onu, CEN etc. se réunit régulièrement sans qu'il en sorte des résultats bien concrets puisque ses membres n'ont pas assez prise sur la réalité. Déjà si les électriciens (IEC) et les télécoms (ITU) pouvaient accepter de se rattacher à l'ISO, ce serait un signe fort d'efficacité ! De même si Oasis, nouveau partenaire du MoU, acceptait de ne plus marcher sur les plate-bandes du Cefact avec son UBL (Universal Business Language) ! Encore que ce double emploi ne trouble guère les utilisateurs des nombreux langages métiers XML qui n'ont aucun besoin d'être "universels" !
C'est du côté des grands absents du MoU de la normalisation, IETF, W3C et tout particulièrement Microsoft et ses alliés, qu'est l'efficacité pour le développement des échanges électroniques et des WS. Là aussi, ceux qui ont la puissance ne devraient agir que sous l'égide des instances officielles de la collectivité mondiale. Et ainsi marier démocratie et efficacité.
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Claude Chiaramonti, EDItorialiste de VendrEDI.
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