XML 2006 : souvenirs, souvenirs
La conference XML 2006 a ete marquee par le dixieme anniversaire de XML
, la vivacite du Web 2.0 et la promesse de l'arrivee prochaine de
XQuery .
Eric van der Vlist , Dyomedea ( vdv@dyomedea.com ).
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La conference du dixieme anniversaire
David Megginson a donne le ton des son discours de bienvenue : XML
2006 [1] serait la conference du dixieme anniversaire de XML . La
premiere version [2] de ce qui allait devenir la recommandation [3] W3C
[4] [5] XML [6] 1.0 [7] a en effet ete presentee en 1996, lors de cette
conference (qui s'appelait alors SGML 96 [8] ) organisee dans le meme
hotel.
On notera que SGML 96 se definissait elle-meme comme la conference du
dixieme anniversaire de SGML et que XML 2006 marquait donc le vingtieme
anniversaire de la saga SGML .
Trois des membres du groupe de travail W3C SGML qui ont participe a la
redaction du document presente a SGML 96 etaient dans la salle et David
Megginson a appele sur scene Jon Bosak , C. M. Sperberg-McQueen et
Jean Paoli qui furent copieusement ovationnes.
Le ton etait donne : XML 2006 allait etre la conference du dixieme
anniversaire de XML avec avec son lot de nostalgie et de questionnement
: dix ans deja! ou sont passes les autres protagonistes de ce document
qui sont pourtant des habitues des conferences XML ? XML en serait-il
arrive au meme point que SGML en 96?
La conference etait divisee en quatre sessions paralleles ayant pour
themes l'edition (publishing), le Web, l'entreprise et la pratique
(hands-on). La plupart des presentations concernant les technologies de
base XML qui m'attirent d'habitude etaient reparties entre les deux
derniers de ces themes. A la lecture du programme, il m'a semble que
les nouveautes se concentraient au contraire dans les sessions
concernant le Web et c'est ce theme que j'ai privilegie dans mes choix
de programme.
Web
Generation d'interfaces XForms
J'ai l'habitude de souligner l'opposition entre XForms et les autres
methodes de developpement Web en qualifiant XForms d'approche
declarative. Dans sa presentation intitulee « The Essence of
Declarative, XML-based Web Applications: XForms and XSLT [9] »,
Chimezie Ogbuji [10] a montre comment l'utilisation de XSLT pouvait
rendre le developpement avec XForms si ce n'est plus declaratif du
moins plus haut niveau.
Certains controles XForms sont assez bas niveau et il peut etre
interessant de definir des controles de plus haut niveau pour accelerer
les temps de developpement mais egalement pour garantir la coherence de
ces controles lorsqu'ils sont repetes a plusieurs endroits.
Pour cela, Chimezie Ogbuji a defini un sur ensemble de plus haut
niveau a XForms qui est transforme par XSLT avant publication.
Voulant eviter de reinventer la roue, ce sur ensemble fait appel a des
elements XUL lorsque c'est possible. Les documents sources sont donc
des documents composites melangeant XHTML , XForms , XUL et un
vocabulaire maison pour les controles haut niveau qu'il n'a trouve dans
aucun des autres vocabulaires.
Autre interet de ce mecanisme, la transformation peut masquer les
problemes d'interoperabilite encore frequents entre implementations
XForms .
Signature de documents avec XForms
Quel probleme specifique peut-il y avoir a utiliser XML Signature avec
XForms ? Outre les aspects purement techniques poses par la definition
d'un module XForms pour XML Signature , John Boyer [11] a couvert dans
sa presentation « Applying XML Signatures to XForms-based Documents
[12] » le probleme de principe de toute signature electronique qui est
de « signer ce que l'on voit » (« what you see is what you sign »).
Dans la mesure ou XForms permet justement de decoupler les documents
XML manipules de leur presentation a l'ecran, il y a un paradoxe a
utiliser XForms pour signer un document XML que l'on ne voit pas.
La solution proposee est de signer non pas uniquement les fragments du
document XML edites par l'utilisateur mais egalement les elements
techniques utilises pour afficher la page (y compris la page XForms
elle-meme et les feuilles de style CSS utilisees).
En tant qu'utilisateur, cela ne vous permet pas de verifier sur quoi
porte la signature que vous apposez au moment ou vous signez, mais en
cas de contestation de votre part, le site ne pourra prouver que vous
avez reellement vu ce que vous avez signe que s'il a inclus ces
elements techniques.
Ceci dit, tout cela semble neanmoins reposer sur la confiance que vous
avez dans l'implementation XForms qui vous demande d'apposer votre
signature. Si l'on peut admettre que vous faites confiance au
navigateur Web que vous utilisez et auquel vous confiez deja vos mots
de passe et numero de carte de credit, le dispositif devrait
fonctionner avec une implementation native de XForms telle que celle de
Mozilla . On peut par contre se demander quel niveau de confiance
accorder a une implementation sous forme de plugin ou a une
implementation serveur de XForms .
JSON est le X dans AJAX
La presentation de Douglas Crockford [13] , « JSON, The Fat-Free
Alternative to XML [14] » pouvait faire figure de provocation dans une
conference XML , surtout apres l'hommage appuye de Simon St.Laurent
, president de session qui avait annonce cette presentation comme une
des plus importantes de la conference.
La presentation, a laquelle assistaient nombre d'experts XML dont Jon
Bosak , n'a pourtant pas suscite de remous et Douglas Crockford a pu
derouler son argumentaire en faveur de JSON dans le calme.
JSON n'est autre qu'un sous ensemble de JavaScript limite a la
definition de litteraux. Douglas Crockford a souligne la simplicite de
JSON compare a XML et aux technologies associees. Le typage, les
schemas et les espaces de noms etaient tout particulierement dans sa
ligne de mire : selon lui, le typage a « un benefice limite » pour les
applications Web, les schemas ne sont pas tres utiles et les espaces de
noms une complication inutile.
S'il est vrai que les exemples proposes par Douglas Crockford sont
simples, il faut tout de meme remarquer que ni le typage, ni les
schemas ni les espaces de noms ne sont obligatoires en XML mais que ce
sont des options qui peuvent etre utilisees si elles se justifient.
De plus, les APIs de data binding modernes permettre de generer
automatiquement des documents XML a partir d'objets et des objets a
partir de documents XML . Il est donc possible de transmettre des
objets entre un serveur et un client JavaScript de maniere aussi simple
avec XML qu'avec JSON .
Douglas Crockford a egalement clairement indique que JSON n'est adapte
qu'a l'echange de donnees et n'est pas un format de document. On peut
s'interroger de la pertinence d'une telle distinction sur le Web. Meme
en prenant un exemple aussi classique que la transmission d'un cours de
bourse pour laquelle JSON semble tout indique, il suffit de vouloir
permettre d'ajouter un lien ou des indication de mise en page dans une
description pour introduire un contenu mixte facile a exprimer en XML
et hors du champ de JSON .
Il me semble donc que la simplicite de JSON est avant tout une question
de perception.
XQuery au secours des editeurs
La presentation la plus reussie de la conference a ete a mon sens celle
de Jason Hunter [15] ,
« Web Publishing 2.0 and XQuery [16] ». Contrairement a ce que pouvait
laisser supposer ce titre, il ne s'agissait pas vraiment de XQuery mais
plutot de donner des exemples concrets de ce que des editeurs de livres
peuvent faire pour proposer des fonctions qu'ils sont les seuls a
pouvoir proposer parce qu'ils ont acces au balisage de leurs textes.
On pourrait resumer son intervention par le titre d'une de ses pages :
« exploitez la structure de vos documents XML pour battre Google » mais
se serait passer a cote des dizaines d'exemples concrets et des
anecdotes qui ponctuent son expose.
Pour Jason Hunter , les utilisateurs cherchent des reponses et non des
liens et c'est le premier domaine dans lequel la connaissance du
balisage des textes peut vous permettre de briller. C'est
particulierement vrai dans le domaine de l'edition technique ou
scientifique ou ce balisage permet souvent d'extraire les definitions
des concepts recherches.
A cote de cela, il detaille d'autres fonctionnalites qui permettent de
rendre votre contenu plus appetissant (« sweat the content ») et de
creer plus de contenu avec les memes sources : micro-contenus,
publication a la demande, jeux, ...
Il insiste sur les rapports ambigus entre Google et le monde de
l'edition et sur le fait que, plutot que d'avoir peur de Google , les
editeurs devraient chercher a faire mieux que lui et a l'utiliser.
Faire mieux que lui revient, et c'est son leitmotiv, a exploiter la
connaissance de la structure des documents. Pour l'utiliser, on pourra
par exemple se baser sur les recherches effectuees sur un site pour
optimiser l'achat de publicites sur Google ou encore realiser des «
pages d'atterrissage » personnalisees.
Il detaille egalement les aspects plus classiques du Web 2.0 et tout ce
qui permet de transformer ses visiteurs en acteurs. Outre les fonctions
de blog, commentaires et tagging, il insiste sur la necessite de tirer
partie de l'intelligence collective d'operations aussi simples que les
recherches. Saviez-vous que la fonction « Essayez avec cette
orthographe » de Google n'est pas basee sur un dictionnaire mais sur
l'analyse des recherches effectuees par les utilisateurs? Transformer
ses utilisateurs en acteurs passe egalement par des fonctionnalites
personnalisees telles que la possibilite de rechercher dans sa
bibliotheque personnelle (un moyen de donner envie aux utilisateurs de
vous dire quels livres ils possedent...). Et ces fonctionnalites
personnalisees sont egalement tres prometteuses dans le domaine de
l'apprentissage.
Revenant sur l'exploitation de la structure des documents, il montre
ensuite comment cela peut non seulement permettre de trouver une
aiguille dans un tas de foin mais egalement de « trouver le tas de foin
» en donnant une vue globale et statistique sur une collection de
documents.
Sa conclusion est que nous ne sommes qu'au debut du Web 2.0 , cherchons
encore notre voie et que pour reussir sur le Web, les editeurs doivent
se montrer agiles dans la conception de leurs sites, leur developpement
et leurs modeles economiques.
Yahoo! et la conception d'applications Web 2.0
Dan Theurer [17] a presente, sous le titre « What Powers Web 2.0
Mashups [18] » les ressources mises a la disposition des developpeurs
d'applications Web 2.0 par Yahoo! et ses filiales.
Il insiste sur le caractere complet de cette offre gratuite pour les
applications non commerciales et qui comprend :
- l'acces aux donnees via des API web,
- une documentation de qualite,
- des outils, avec notamment la Yahoo! User Interface ( YUI ) library,
- le support technique au moyen de listes de discussions.
Certaines applications Web 2.0 accedent a des informations personnelles
stockees sur les services de Yahoo! ou de ses filiales et cela pose des
problemes de securite. Dan Theurer a donc detaille les fonctions
d'authentification mises en place par Yahoo! . Ces fonctions
permettent:
- de s'identifier sur Yahoo! pour autoriser une application Web a
acceder a ses donnees personnelles
- une gestion de type « single sign in » permettant de s'identifier sur
Yahoo! pour acceder a des fonctionnalites personnalisees de sites
partenaires.
Web 2.0 et XML
La table ronde « Web 2.0 and XML [19] » a reuni Elliotte Harold [20] ,
Simon St. Laurent [21] , Jason Hunter [22] , et moi-meme (Eric van
der Vlist [23] ) pour debattre des liens entre Web 2.0 et XML .
Simon St.Laurent a une vision assez negative du succes de XML en tant
que « SGML sur le Web » et il n'hesite pas a parler d'echec a propos de
la vision initiale qui a motive la creation de XML . Cette vision
tendait a remplacer SGML par un triptyque XML / XSL / XLink rendant
n'importe quel document XML utilisable dans un navigateur Web. Pour
Simon St.Laurent , cette utilisation reste marginale et XLink n'a pas
reussi a s'imposer ce qui rend le triptyque bancal.
Jon Bosak qui assistait a ce debat n'a pas pris la parole. Il semble
neanmoins moins negatif puisque j'ai eu l'occasion de l'entendre dire
lors d'un diner que la specification UBL publiee au format XML DocBook
s'affichait parfaitement bien dans les navigateurs Web et qu'il y
voyait au contraire l'aboutissement de la vision « SGML sur le Web ».
Autre point de vue, celui de Jason Hunter pour qui, au contraire, nous
n'avons jamais vu autant de XML sur le Web que depuis le developpement
du Web 2.0 .
Elliotte Harold a prefere prendre part au debat « JSON ou XML ? » en
faisant un vibrant plaidoyer pour XML seul format permettant de federer
plusieurs utilisations qui m'a rappele la presentation « Pourquoi XML?
[24] » que j'ai donne en 2001.
J'ai publie la position que j'ai exprime lors de cette table ronde sur
mon carnet web sous le titre : « Why XML Experts Should Care About Web
2.0 [25] ». Je pense que XML est arrive a un stade de maturite ou il
lui est difficile d'evoluer : la difficulte avec laquelle XML 1.1 qui
est pourtant une evolution relativement mineure cherche a s'imposer en
est une preuve. Apres dix ans de XML on est arrive a un stade similaire
a celui de SGML en 96 apres dix ans de SGML .
L'evolution de l'informatique passe par une phase d'innovation et bien
que nous manquions de recul pour l'affirmer, le Web 2.0 fait
vraisemblablement partie de cette phase d'innovation. Le succes de XML
en tant que « SGML sur le Web » n'est pas acquis et nous avons sans
doute besoin d'une nouvelle iteration pour mettre « XML sur le Web ».
Il est egalement trop tot pour savoir ce qu'il sortira de cette phase
d'innovation qui remet en cause certaines des technologies que nous
utilisons actuellement, mais s'il a fallu accepter de changer SGML pour
le mettre sur le Web, peut-etre sera t-il necessaire de changer XML
pour qu'il finisse de s'imposer sur le Web.
Utilisation de XML sur des « petits » terminaux
David Lee [26] a presente sous le titre « XML encoding techniques for
storing XML data on memory limited [27] » une technique pour utiliser
XML sur des terminaux disposant de peu de memoire.
La premiere partie de son expose decrit l'univers de ces terminaux,
assistants personnels et telephones portables. Il cherche notamment a
montrer que contrairement a ce qui se passe pour les ordinateurs
portables ou de bureau, la puissance et la taille memoire des petits
terminaux n'augmentent pas, ou plutot que cette augmentation ne
concernent que le haut de gamme qui ne represente qu'une niche sur le
marche global de ces terminaux.
Pour la majorite de ces terminaux, les progres techniques sont en effet
compenses par la baisse des prix de ventes et les performances
augmentent peu d'une generation a l'autre.
David Lee travaille pour Epocrates , une societe qui concoit, met en
place et exploite des applications utilisant des assistants personnels
dans le monde medical. L'utilisation de XML sur ces terminaux pose des
problemes de taille memoire et de puissance de processeur qui ont ete
resolus en parsant les documents XML sur le serveur et en envoyant aux
terminaux le resultat de ce parsing sous un format binaire. Leur
systeme permet egalement de compresser le texte contenu dans les
documents les plus volumineux.
Bien que ce type de systeme soit desormais classique, l''expose etait
clair et presentait bien les enjeux de ce type d'optimisation.
Les « petits » terminaux en font parfois plus que les grands
Sous son titre ironique (« Honey, I Shrunk the Kids: XML on the Mobile
Web [28] »), la presentation de Michael Smith [29] et Rocco Georgi
[30] promettait d'etre tres « bleeding edge » puisque Michael Smith
avait prevu de faire sa presentation a partir d'un mobile de toute
derniere generation disposant d'une interface Wifi et d'une sortie
video!
Des drivers Wifi manquant de stabilite doubles d'un probleme de
connectique ont eu raison de ce projet ambitieux et les orateurs ont du
se rabattre sur un PC qui n'a accepte de se connecter au video
projecteur qu'avec beaucoup de difficultes...
Michael Smith a donc fait presque tout son expose de memoire et sans
support ce qui est une belle performance. Son message principal est
qu'il ne faut pas considerer les « petits terminaux » et notamment les
telephones mobiles comme des ordinateurs auxquels il manque quelque
chose mais qu'au contraire, ils ont souvent des possibilites qui
manquent aux ordinateurs.
Ses exemples proviennent essentiellement du Japon ou il reside et qui
est en avance dans ce domaine. Les telephones mobiles Japonais sont
equipes de GPS et Michael Smith a decrit ses applications preferees
qui allient Web 2.0 et GPS .
Lorsque Rocco Georgi a reussi a faire fonctionner son ordinateur, il a
fait le point sur le support d' Ajax sur les telephones portables,
soulignant que les choses avaient tendance a s'arranger avec chaque
nouvelle version mais qu'il etait beaucoup plus difficile de developper
des applications fonctionnant sur tout les mobiles que de developper
des applications fonctionnant sur tout les ordinateurs portables ou de
bureau.
L'arrivee attendue de XQuery
En depit de l'attrait du theme « Web », la technologie phare de XML
2006 aura ete XQuery .
Deux facteurs expliquent cet interet : les specifications XQuery
devraient etre prochainement promues au rang de recommandation W3C ce
qui est une preuve de stabilite et les grandes bases de donnees
relationnelles ( Oracle , DB2 , Microsoft SQL Server ) supportent
maintenant XQuery .
Les mauvaises langues suggerent que cette synchronisation n'est peut
etre pas l'effet du hasard mais la coordination de ces deux facteurs
justifient l'interet pour une technologie qui sera d'ici peu a la fois
stable et utilisable dans les bases de donnees les plus reputees.
Cela traduit egalement un changement de perspective assez radical.
Longtemps considere comme un format d'echange, XML est maintenant vu
comme un format de stockage. Une des presentations s'intitulait
d'ailleurs « la resistance est futile : vous stockerez du XML ». Son
auteur travaille pour IBM .
Les deux tutoriels « XML and Databases [31] » et de « XQuery 1.0, XPath
2.0, and XSLT 2.0 Explained [32] » ont fait salle comble et la session
pleniere d'ouverture s'intitulait « Getting There ? The XML/XQuery
Ecosystem [33] ». De nombreuses presentations portaient egalement sur
XQuery et les bases de donnees XML ont indeniablement ete le sujet
chaud de la conference.
Autres sujets
J'ai delaisse le theme du « Web » a trois reprises.
Publication
En tout debut de conference, j'ai suivi la session « Peaceful
coexistence: The SGML/ [34] XML [35] Transition at Cessna Aircraft »
[36] et la table ronde XML [37] Project Management Best Practices and
Case Studies [38] qui l'a suivi.
En fait de coexistence pacifique, la presentation detaillait les
principaux points techniques observes lors de la migration de SGML vers
XML chez Cessna . Une maniere de prouver, si vous en doutiez encore,
que XML est suffisamment mur pour detroner SGML dans les plus lourdes
de ses applications.
La table ronde fut l'occasion de rappeler qu'il faut concevoir un
systeme XML en fonction des informations qu'il represente et non en
fonction de la presentation a obtenir (Kate Hamilton [39] ) mais
egalement que les projets XML comme les autres dependent avant tout des
personnes qui les mettent en ?uvre.
Mike Sherlock [40] a insiste a plusieurs reprises sur l'importance de
s'assurer que les membres d'un projet se comprennent et a souligne
l'utilite des cas utilisateurs (use cases) meme informels.
Sarah O'Keefe [41] a enfonce le clou en affirmant que si l'on peut
reussir un projet en depit de mauvais outils, un projet est voue a
l'echec si ses utilisateurs ne sont pas motives.
Proposant une classification en quatre niveaux :
- support papier
- on fait en sorte que cela soit bien presente sous Word
- utilisation de templates Word
- XML
elle suggere qu'il n'est pas raisonnable de faire progresser des
utilisateurs de plus d'un niveau a la fois.
W3C Schemas for Databinding
Ma deuxieme incartade hors des sessions « Web » a ete pour suivre la
session sur les « W3C Schema Patterns for Databinding [42] » et la
table ronde sur les langages de pipelines [43] .
Ces « patterns for databinding » sont en fait une tentative pour
resoudre les problemes d'interoperabilite entre schemas W3C XML Schema
qui sont particulierement important dans le domaine des outils de data
binding. Si les validateurs de schemas tentent generalement
d'implementer l'integralite des recommandations W3C XML Schema , les
outils de data binding guides par des schemas ont au contraire tendance
a ne supporter que des sous ensembles de ces recommandations. Et comme
ces sous ensembles sont differents, un schema ecrit pour valider des
documents a peu de chances de fonctionner avec ces outils et schema qui
fonctionne avec l'un de ces outils ne fonctionne pas necessairement
avec les autres.
Pour contourner ce probleme, le W3C a cree un groupe de travail charger
de reconnaitre des « patterns » (ou motifs) dans les schemas W3C XML
Schema et de classer ces differents patterns en trois categories :
- basiques (bien supportes par les differents outils de data binding)
- avances (communs mais moins bien supportes par les outils de data
binding)
- en attente (non encore classifies par le groupe de travail)
Ces patterns sont implementes par des expressions XPath 2.0 executees
sur les documents XML representant les schemas.
La demarche est interessante, mais cette approche me semble etre un peu
trop primaire pour etre reellement efficace : ces expressions XPath ne
gerent pas les inclusions ou imports de schemas et elles ne suivent pas
les chaines de derivation.
Si l'on reprend un des exemples de patterns donnes lors de cette
presentation, le pattern AnyURIElement [44] correspond a l'expression :
Ce pattern ne permettra que d'identifier des definitions d'elements
dont l'attribut type est xs:anyURI mais il n'identifiera pas les
elements dont le type est derive de xs:anyURI. Si l'on se base sur des
patterns de ce type pour mesurer les risques de problemes
d'interoperabilite, on s'expose donc a de mauvaises surprises.
Je pense qu'il faudrait introduire l'idee une approche a deux phases :
une premiere phase appliquerait un premier jeu de patterns sur le
schema brut tel que c'est le cas aujourd'hui et une deuxieme phase
appliquerait un deuxieme jeu de patterns sur une version consolidee et
normalisee du schema qui permettrait de s'affranchir des problemes
d'inclusion, d'import et de derivation.
Langages de pipelines
La table ronde sur les langages de pipelines regroupait Sam Page [45]
qui presentait en quelque sorte le portrait d'un systeme de pipelines
ideal et Norman Walsh [46] qui presentait les travaux du groupe de
travail W3C XProc .
Vous serez sans doute soulages de savoir que la version actuelle de
XProc couvre bien les besoins exprimes par Same Page .
Pour ma part, en tant qu'utilisateur du langage de pipelines XPL d'
Orbeon dont j'ai pu apprecier la souplesse, j'ai ete rassure de
verifier que ses fonctionnalites ont ete reprises dans XProc .
Cette specification devrait donc fournir une tres bonne base pour
definir des enchainements complexes de traitements a faire subir a des
documents XML .
Le seul moment de flottement a ete lorsqu'un spectateur a demande quels
etaient les liens entre XProc et BPEL et que Norman Walsh a repondu
tres diplomatiquement que cela faisait tres longtemps qu'il n'avait pas
regarde BPEL .
Je pense qu'il y a indeniablement recoupement entre XProc et une partie
de BPEL mais que les approches sont differentes. BPEL est plus complexe
et lie au contexte des Services Web . XProc est au contraire focalise
sur la definition de traitements. XProc semble egalement moins
procedural : il n'y a pas de definition de sequences de traitements
mais uniquement la definition de traitements et c'est en fonction de la
maniere dont sont connectees les entrees et les sorties que le
sequencement des traitements est determine par les implementations.
APIs XML
Ma derniere escapade hors du theme « Web » a ete pour participer a la
table ronde « Next-generation XML APIs [47] » avec Elliotte Harold
[48] et Philippe Poulard [49] .
Elliotte Harold presentait son API XOM qui est sans doute la plus
moderne des APIs permettant manipuler des documents XML avec une
approche DOM , Philippe Poulard presentait Active Tags , un systeme de
programmation XML qui peut etre vu comme un langage de pipelines bas
niveau offrant beaucoup de controles sur la maniere dont les
traitements sont executes et je presentais TreeBind , mon API de
binding entre objets Java , XML , RDF et LDAP .
Les trois approches etaient si differentes que nos auditeurs ont sans
doute eu beaucoup de mal a faire le lien entre les trois courtes
presentations qui leur ont ete consacrees. L'animateur de cette table
ronde a semble aussi desempare que les spectateurs et le debat a
rapidement tourne court faute de question.
References
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jeudi [61] .
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[63] (Simon St.Laurent)
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Copyright 2006, Eric van der Vlist
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[108] http://copia.ogbuji.net/blog/2006-12-08/xml2006-are-we-there-yet
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Received on Wed Dec 13 22:23:25 2006