Essayons de sortir de la tornade de messages qui tournoient sur
XML-DEV et xml-uri@w3.org,
pour prendre du recul et dégager les premières tendances du débat...
Par Eric van der Vlist,
Dyomedea (vdv@dyomedea.com).
samedi 20 mai 2000
La discussion est obscurcie par l'enchevêtrement de trois discussions de niveaux différents :
Au deuxième étage, il y a la confrontation entre la vision d'un web sémantique
défendue par Tim Berners-Lee :
"le point crucial est de reconnaître que l'identificateur d'espace de noms
identifie le langage du message et donc indirectement sa signification"
avec une conception plus focalisée d'une utilisation des espaces de noms
strictement conforme à la recommandation telle que l'exprime Jonathan Robie :
"pour moi les espaces de noms sont utilisés pour rendre non ambigus les noms et sont
utilisés dans le processus d'analyse du document (tokenizing)"
.
Au premier étage se livre un combat autours de la légitimité de l'utilisation
des URIs des espaces de noms comme pointeurs sur des schémas
XSchema et l'hypothèse implicite que la
sémantique des documents XML seraient exclusivement
représentée par des schémas XSchema excluant par là même
l'utilisation d'autres descriptions
(DTD, Relax, ...).
Cette option, d'ores et déjà implémentée par certains outils Microsoft ne
recueille pas l'approbation du groupe de travail XSchema comme
l'indique David Cleary :
"Le groupe de travail Schema ne soutient pas que les schémas soient pointés par les URIs
des espaces de noms. C'est le rôle de l'attribut SchemaLocation. Ne prenez pas
les opinions de certains comme le consensus au sein du groupe de travail Schema"."
Au rez-de-chaussée on livre encore bataille sur le point de départ de
la discussion -point qui serait purement académique sans l'hypothèse que les
URIs des espaces de noms peuvent être utilisés comme pointeurs sur des schémas-
de l'utilsation de références relatives dans les URIs des espaces de noms.
Ce débat est ancien ainsi que le montre des
références indiquées par James Clark datant
de 1998 alors que les espaces de noms n'étaient encore qu'au stade
de version de travail.
Plusieurs messages proposent des plans de sortie de crise.
Simon St.Laurent a proposé un "status quo" respectant
une lecture stricte de la recommandation tout introduisant une certaine
souplesse autours des utilisations possibles des URIs ds espaces de noms :
"d'après mon interprétation de la recommandation, les URIs relatives sont autorisées
pour les espaces de noms XML, mais les espaces de noms seront comparés
en tant que chaînes de caractères -caractère par caractère- et non
convertis en adresses absolues. Les applications qui veulent aller plus loin
peuvent prendre la responsabilité de résoudre ces URIs pour accéder à un schéma,
un "package" ou un recueil d'histoires drôles"
.
David Cleary suggère de
séparer les URIs de
l'association d'un schéma :
"des attributs de la forme xmlns-binding:namespace-prefix="associated-uri-reference"
seraient utilisés pour déclarer que l' associated-uri-reference est associée à l'espace de noms"
.
Tim Berners-Lee reste favorable à la proposition de
rendre absolue ou "absolutiser" (to absolutize) les URIs :
"il y a une masse d'idées [qui montrent] que l'absolutisation est la chose à faire.
Et également du code. Et des spécifications. On peut en dire autant de la comparaison
littérale. La différence est que si nous décidons que les URIs ne sont pas vraiment des
URIs, RDF s'écroule comme un château de cartes alors
que si nous choisissons l'absolutisation, on n'aura probablement aucun document
réel qui en souffrira"
.
Après le plan de transition
proposé précedemment par Tim Berners-Lee et
sa réception un
peu fraîche de la part de la liste de discussion xml-uri :
"nous en sommes encore (dans les premières phases) de l'ouverture des portes conduisant aux problème
et à ses implications. Après l' action sans précédent qu'est la création de la liste xml-uri
et son ouverture au public, la hiérarchie du W3C n'est sûrement pas prête à adopter une solution à la
va vite en suivant la ligne (supposée) de moindre résistance; n'est pas ?"
on peut se demander
comme le fait Joe Kesselman comment cela se terminera :
"y a t'il un mécanisme quelconque par lequel nous déciderons que la liste
a atteint ses objectifs, ou manqué de le faire ?"
.
Copyright 2000,
Eric van der Vlist.
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