Encouragé par la réussite fulgurante du plan pour le développement de l'administration électronique, l'Elysée annonce le lancement d'une deuxième phase devant conduire à un véritable gouvernement électronique.
Eric van der Vlist, Dyomedea (vdv@dyomedea.com).
vendredi 1er avril 2005
Depuis sa création, XMLfr suit les progrès de l'agence chargée de la promotion des standards XML au sein de l'administration.
C'est ainsi que nous rendions compte dès avril 2000 d'un appel à commentaires de la MTIC portant sur l'utilisation de XML pour la conservation à long terme des documents électroniques et, un an plus tard, de la création par cette même MTIC du répertoire de schémas XML de l'administration.
En décembre 2001, nous nous réjouissions de retrouver cette agence, renommée ATICA, bien présente dans la page de liens des "eGovernment Awards" de la Commission Européenne.
En janvier 2003, nous soulignions dans nos colonnes l'importance des technologies XML pour Pierre de La Coste et sa vision d' "Hyper-République".
Cette vision a sans aucun doute influencé le nouveau changement de nom de l'agence qui s'appelle maintenant "ADAE".
Le "Communiqué du Conseil des ministres du 24 mars 2005" publié sur le site de l'Elysée et portant le titre "La mise en oeuvre du plan pour le développement de l'administration électronique" prouve que l'ADAE a mis les bouchées doubles sur son programme ADELE :
"La mise en oeuvre du plan d'action présenté en 2004, qui comprend 140 projets, est en avance sur les objectifs fixés : au 31 décembre 2004, soit dix mois après le lancement d'ADELE, un quart des projets étaient opérationnels. En un an d'existence, le programme ADELE a su créer une dynamique forte au service des usagers."
Ce communiqué souligne l'importance stratégique du programme :
"Le programme ADELE est par ailleurs un levier essentiel de la politique de réforme de l'État qui permet, notamment par la mutualisation de moyens entre administrations, de réaliser des gains de productivité substantiels dans l'ensemble de la sphère publique."
Un communiqué daté de ce jour et non encore publié sur le site de l'Elysée annonce que, prenant au pied de la lettre la stratégie agressive de "eGovernment" de la Commission Européenne, le programme ADELE ne doit être vu que comme la phase préliminaire du programme GOUVELE (Gouvernement Electronique) devant aboutir à la virtualisation complète du gouvernement français.
Si le communiqué ne mentionne que les gains économiques liés à cette virtualisation qui éliminera les frais salariaux directs et indirects (on pense notamment aux frais "de bouche" mais également aux frais de déplacement et aux loyers des logements de fonction des ministres et secrétaires d'état), les experts soulignent déjà les gains politiques du programmes.
L'impopularité chronique à laquelle s'expose une bonne partie du personnel gouvernemental conduit en effet à "griller" de nombreuses personnalités qui compromettent gravement leur carrière et la mise en place du programme GOUVELE permettra de faire l'économie de ces carrières prématurément brisées.
Certains analystes pensent également que la dépersonnalisation des fonctions gouvernementales qui ne manquera pas de découler du programme GOUVELE permettra de réduire le niveau d'affectivité des mouvements sociaux.
On voit mal en effet les lycéens en colère scander "http://www.education.gouv.fr/index.php t'es foutu, la jeunesse est dans la rue" et leur contestation devra nécessairement prendre un caractère moins personnel lorsque leurs interlocuteurs auront été remplacés par des Services Web.
Les conseillers en communication réfléchissent à la mise en place de nouveaux canaux de contestation basés sur des forums ouverts aux mécontents de toutes les horizons.
Ces cahiers de doléances électroniques permettront d'analyser à quel niveau se situe les incompréhensions exprimées par les eCitoyens et de mieux cibler les actions pédagogiques expliquant de la politique de l'eGouvernement.
Le porte parole de l'eGouvernement sera un canal RSS, ce qui illustre bien le rôle central des technologies XML dans le programme GOUVELE.
Enfin, l'ADAE souligne les gains liés au strict respect des standards et des bonnes pratiques. L'utilisation de CSS et de présentations XHTML sans tables de présentation permettra ainsi d'implémenter la plupart des remaniements ministériels au moyen de simples modifications de feuilles de styles CSS.
Copyright 2005, Eric van der Vlist
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