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RFID : quelle éthique derrière l'étiquette ?

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Cette technologie, encore au stade pilote, connaîtra bientôt sa première phase de déploiement à grande échelle dans la chaîne logistique. Elle a des incidences extrêmement prometteuses en termes de rapidité, de fiabilité et d'optimisation. Elle constitue un nouveau défi technique et un potentiel de croissance pour les professionnels des technologies de l'information. Toutefois, les craintes des consommateurs sur un possible détournement de son utilisation apparaissent légitimes.

Michel Duperrier, organisateur de l'initiative de business networking sparklingPoint (http://sparklingPoint.com).
vendredi 28 novembre 2003

Le projet Auto-ID (Automatic Identification) est né en 1999 au Massachusetts Institute of Technology (MIT) auquel se sont joints de grands acteurs de l'industrie et de la distribution. Partant du principe que pour identifier un objet, il est plus simple que celui-ci annonce son identité plutôt que de chercher à le reconnaître, les chercheurs eurent l'idée d'associer une « mini carte d'identité » à chaque objet sous la forme d'une étiquette. Cette dernière devait répondre à plusieurs contraintes : identifier un objet physique de façon unique dans le monde, pouvoir facilement être lue dans des contextes variés : à travers un emballage, résister à certaines conditions climatiques..., et, enfin, être de taille et de coût réduits.

Des étiquettes qui changent radicalement les processus d'approvisionnement et de mise en place

Le terme d'étiquette RFID (Radio Frequency Identification) s'applique au composant le plus visible de cette infrastructure d'Auto-ID. Ses premières utilisations sont déjà apparues depuis quelque temps dans la chaîne logistique. Ses avantages métiers sont extrêmement séduisants et annoncent une double révolution dans les métiers de la logistique et de l'informatique. Les étiquettes RFID changent radicalement la façon dont les marchandises sont approvisionnées et mises en place. Cette technologie fiabilise et abaisse considérablement le coût des inventaires, permet une traçabilité fine des marchandises, un meilleur repérage des colis égarés, des tris plus rapides et plus fiables, et constitue un obstacle important contre le vol à l'étalage et la contrefaçon. En outre, elle permet l'alerte dynamique des rayons à réapprovisionner et l'inventaire global du chariot des consommateurs. Côté informatique, nous sommes pour la première fois confrontés à des volumes potentiels considérables. Les données produites et potentiellement persistantes sont énormes. La montée en charge des transactions échangées devrait atteindre l'ordre des milliers de milliards. Les techniques actuelles de stockage, d'indexation et de recherche sont inadaptées et de nouvelles solutions se développent ou restent à créer. Quelles données est-il pertinent de stocker ? Sous quelle forme, brute ou agrégée, différentielle... ? Combien de temps ? Quels événements doivent être déclenchés selon tel changement d'état ou non changement dans un certain laps de temps ? Le chantier technologique promet d'être vaste, fonctionnellement riche et pourrait contribuer significativement à la relance du secteur des technologies de l'information.

Une taille qui permet leur association avec une multitude d'objets

Physiquement, les étiquettes RFID se composent d'une puce dont la taille peut être désormais réduite jusqu'à la taille d'un point '.' sur une feuille de papier et d'une antenne qui constitue pour l'essentiel la partie la plus visible. Le dispositif est le plus souvent passif et cette antenne capte certaines fréquences qui lui fournissent suffisamment d'énergie pour lui permettre d'émettre à son tour son code d'identification unique. On comprend intuitivement que, de la taille et la forme de cette antenne, dépendront souvent la sensibilité et la fiabilité des lectures. Certains dispositifs sont plus sophistiqués et disposent de capteurs leur permettant d'identifier des variations physiques comme la température (on pense aux produits surgelés, par exemple) ou le franchissement d'un seuil (comme le niveau liquide d'un flacon). Certains tests ont été faits avec une encre magnétique qui joue le rôle d'antenne pour le point '.' évoqué plus haut et transforme ainsi une anodine feuille de papier en dispositif émetteur. Il s'agit là davantage d'applications très spécifiques de sécurisation de documents : authentification, lecture automatique, traçabilité... qui intéressent les documents officiels comme les passeports ou les documents sensibles.

Une infrastructure intelligente pour un « Internet of Things » à l'échelle globale

Cette infrastructure intelligente est constituée de quatre composants.

Dans sa présentation de PML à sparklingPoint du 20 novembre 2003, Emmanuel de La Gardette a souligné le défi que représente le déploiement de cette infrastructure à l'échelle globale, condition majeure de son succès. Emmanuel de La Gardette a ajouté : «une fois ces conditions de réussite atteintes, nous serons devant une nouvelle révolution technologique (disruptive technology) qui touchera rapidement les processus d'approvisionnement et, à terme, nos habitudes de vie domestique». Le lien de cette infrastructure avec Internet apparaît donc étroit, tant dans son concept que dans sa mise en oeuvre ; d'où cette image d'« Internet of Things » souvent utilisée pour la symboliser.

Un cadre éthique encore imprécis et quelques risques d'un usage détourné

Des opérations pilotes sont en cours dans le transport, la grande distribution et d'autres sont prévues dans des bibliothèques de prêt. Certaines ont donné lieu à de vives inquiétudes de la part d'associations de consommateurs particulièrement aux États-Unis, comme Caspian qui a organisé un boycott de certains produits contenant des RFID ou comme des habitants de San Francisco inquiets de voir leur bibliothèque municipale mettre en oeuvre cette technologie (source : Electronic Frontier Foundation). Les principaux griefs portent sur l'absence de marquage annonçant la présence d'étiquettes RFID dans les produits et l'absence de transparence dans l'utilisation qui en est faite par le distributeur. Ils se fondent également sur l'impossibilité de déceler qu'une étiquette RFID reste active, au-delà de l'acte d'achat, et puisse ainsi potentiellement être lue, à l'insu de son porteur, par d'autres personnes ou organismes, violant ainsi le respect de la vie privée. Qu'est-ce qui techniquement empêcherait, à terme, un vendeur de voir s'afficher sur son écran le « profil marketing » de la cliente ou du client qui est en face de lui, profil déduit à partir des étiquettes de ses vêtements, ses accessoires de maroquinerie, des objets contenus dans ses poches, son sac à main ou son porte-documents ? (source : News.com). En Europe, différents échos de EETimes (dec 01) et ZDNet (mai 03) indiquaient que la Banque Centrale Européenne pourrait travailler sur la possibilité d'insérer des étiquettes RFID dans les billets de la monnaie européenne. Wired apporte d'autres précisions en juillet 03. Le numéro un mondial de la grande distribution Wal-Mart imposera prochainement l'utilisation des RFID, dans un premier temps à ses cent premiers fournisseurs (source : New York Times). Ceci ne devrait apparemment concerner que l'approvisionnement. Des tests envisagés sur la mise en place en rayon auraient été annulés cet été devant la pression des associations de consommateurs (source : News.com).

Lever les ambiguïtés

Cette technologie, encore au stade pilote, connaîtra bientôt sa première phase de déploiement à grande échelle dans la chaîne logistique. Elle a des incidences extrêmement prometteuses en termes de rapidité, de fiabilité et d'optimisation. Elle constitue un nouveau défi technique et un potentiel de croissance pour les professionnels des technologies de l'information. Toutefois, les craintes des consommateurs sur un possible détournement de son utilisation apparaissent légitimes. Un cadre éthique et juridique, clairement défini et contrôlé, couplé à des dispositifs de neutralisation définitive des étiquettes, permettrait de conserver l'élan positif que recèle cette technologie pour la qualité de la chaîne logistique, tout en préservant les consommateurs d'usages excessifs ou détournés. Une façon de souhaiter que la généralisation attendue pour 2010-2015 nous garde à l'abri de... 1984.

Post-scriptum :

La Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) publie sur son site un article sur les RFID dont le chapeau précise : « La technologie de radio-identification (RFId) devient un enjeu économique majeur notamment dans les applications de la distribution et du transport. Du fait de leur dissémination massive, de la nature individuelle des identifiants de chacun des objets marqués, de leur caractère invisible, et des risques de profilage des individus, la CNIL considère que les RFIds sont des identifiants personnels au sens de la loi Informatique et Libertés. »

Copyright 2003, Michel Duperrier.


 

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