A l'heure où la sémantique semble plus que jamais un point de passage obligé pour que le web tienne ses promesses dans les domaines des Services Web comme du Web Sémantique, le W3C est secoué par une véritable crise d'identité du Web qui ne semble plus savoir dissocier le monde réel de celui du Web.
Extrait de VendrEDI, la lettre mensuelle gratuite de Claude Chiaramonti qui porte sur les données des échanges électroniques en EDI, XML et Web Services. Pour s'abonner : courrier.vendredi@club-internet.fr.
mardi 29 juillet 2003
Les promesses de Services Web où chacun pourrait programmer la réception des seules informations dont il a besoin ne se réalisent pas vite : difficultés mentionnées, la sécurité et l'interopérabilité entre logiciels tardant à s'appuyer sur des standards bien stabilisés. La sémantique n'est que très rarement mentionnée, alors que les praticiens de l'EDI savent bien que, pour que le message passe, il faut d'abord être d'accord sur le sens des données à transmettre ! Les "anciens" de l'EDI rejoignent sur ce point les "futuristes" du Semantic Web qui, pour l'automatisation, placent au premier plan de leurs préoccupations ce préalable de la sémantique. A commencer par la question de base sur d'identification qui conditionne le transfert d'information : le Web étant défini comme un univers de resources, et ces resources étant (cf RFC2396bis) "tout ce qui a une identité" de type URI, Uniform Resource Identifier, il faut être d'accord sur ce qui peut avoir une telle URI ! S'agit-il d'identifier des objets du monde réel eux-mêmes ou, simplement, de donner l'adresse de pages Web décrivant ces objets ? L'URI d'une page Web ou d'un fichier à télécharger peut être équivalent à l'URL,Uniform Resource Locator, qui est l'adresse de cette page Web ou du fichier, mais l'URI d'un individu ne peut être un URL : la personne physique n'est pas sur le Web, seulement sa home page ! L'URI n'identifie pas l'entreprise du monde réel, mais seulement une information sur cette entreprise ou, autrement dit, un identifier n'est pas forcément une address. Solution : distinguer quand l'URI identifie "directement" un objet du Web, ou seulement indirectement, quand cet objet n'est pas localisable sur le Web. Cette distinction entre deux types d'URI existe dans XTM (XML Topic Maps) et devrait être reprise dans RDF (Resource Description Framework) et par le groupe du W3C sur l'architecture des Services Web. La distinction pourrait être aussi utile pour le groupe Oasis sur le XRI (eXtensible Resource Identifier) dont le but est de faciliter des distributed directory services permettant l'identification de ressources including people and organizations, ainsi que le partage de données entre applications. Un pas vers un Semantic Web automatisé.
Autres articles :
Copyright 2003,
Claude Chiaramonti, EDItorialiste de VendrEDI.
|