Le commentaire qui courrait lors du premier jour du
Forum XML apparaissait clairement en filigrane de la présentation
de Neil Hutson (Microsoft) en ouverture du deuxième
jour: XML est bien la technologie qui rend le
"Network Computing" viable aux yeux de
Microsoft.
Eric van der Vlist,
Dyomedea (vdv@dyomedea.com).
lundi 27 novembre 2000
Le concept de "Network Computing" est apparu au milieu des
années 90 et a été défendu par la plupart des ténors de
l'informatique (Lou Gerstner
pour Business Week, Octobre 95):
"Dans un futur câblé, dit Lou Gerstner, les
sociétés pourront acheter de la puissance de calcul et des applications
logicielles comme elles achètent de l'électricité. Elles les loueront
en fonction de leur utilisation car elles seront résidentes sur le réseau,
prédit Lou Gerstner. Imaginez les implications d'un monde
dans lequel les applications sont sur le serveur --toutes les applications."
Même si la presse a largement mis l'accent sur les
"Network Computers", plus médiatiques, le point clé
était déjà les services réseaux (Larry Ellison pour Red Herring, Août 97):
"Parce que le terminal NC [NDT: Network Computer] est tellement visible, les
gens pensent que le NC est le centre de notre stratégie. C'est tout juste
le contraire. Notre stratégie repose sur le réseau. Le NC est le
véhicule qui permet d'accéder au réseau."
La raison pour laquelle Microsoft combattait alors ce qui est devenu
la clé de voûte de l'architecture .net doit
probablement être recherchée parmi les technologies apparues depuis lors
rendant possible une communication indépendante des langages et des plate formes.
Alors que les communications entre applications de l'architecture
"Network Computing" reposaient sur
Corba, une architecture inacceptable pour
Microsoft qui l'a toujours considérée comme trop orientée
Java, il apparaissait clairement dans la présentation de
Neil Hutson que XML et ses promesses de
résolution tardive (late binding) est bien la technologie qui
rend possible ce changement de stratégie.
Alors que tant d'orateurs du Forum XML soulignaient les
capacités de XML à assurer une résolution
tardive des données (late binding), il est
intéressant de remarquer que ce point même est un sujet chaud sur la liste
de discussion du Groupe de Travail Protocols du W3C,
xml-dist-app@w3.org, comme le montre
Noah Mendelsohn en tentant d'expliquer
en quoi les nouveaux protocoles XML seront différents
des mécanismes de RPC plus anciens:
"Une application traditionnelle des anciens systèmes de
Remote Procedure Call ou ORB pourrait être
exprimée de manière informelle par "Maintenant que j'ai
développé ces objets dont je dispose, comment puis-je y
accéder à distance?" Dans cette perspective, les objets et leurs
interfaces sont donnés, et les détails sémantiques de leur
utilisation sont cachés dans des langages de programmation spécifiques
(par exempleJava) ou des systèmes objets
(par exempleCOM ou
Corba). Quand vous construisez un système de
RPC pour ce monde là, le succès est de prouver que vous pouvez
exposer à distance ces interfaces dans leur ensemble. Si vous suivez
cette vision pour XP (ce que je ne fais pas),
alors il est clair que vous souhaiterez spécifier et vérifier les
résolutions d'objets au niveau du langage."
"Je crois qu'un des objectifs intéressants pour XP
et SOAP est d'être modelé de manière
très différente. Imaginons que je veuille offrir un service de validation
de carte de crédit sur le web en utilisant une RPC XP.
Je fais la promotion (en utilisant WSDL,
UDDI, en vous appelant au téléphone ou
par n'importe quel autre moyen) d'une interface
XP, interface qui est une méthode unique prenant
comme argument un numéro de carte de crédit et un montant décimal
et renvoyant un booléen pour indiquer si la carte est valide."
Est-ce que ce qui rend les services web possibles ne serait pas également la
prise de conscience que le web justifie le développement de nouvelles
applications plutôt que de continuer à déguiser les anciennes ?
Autre article:
Copyright 2000,
Eric van der Vlist.
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