A la fin d'une revue fleuve de six heures portant sur les technologies de pointe
XML, Elliotte Rusty Harold a
consacré une demi-heure à prédire l'avenir de XML
de manière très explicite --ce va réussir, ce qui va échouer et
ce que l'on va simplement oublier.
Par Ron Bourret,
xmlhack - traduit par Eric van der Vlist,
Dyomedea (vdv@dyomedea.com).
mardi 14 novembre 2000
Après une brève introduction sur les aléas des prédictions,
Elliotte Rusty Harold a fait les siennes, en commençant par
XInclude. Celle-là, pense t'il, sera un succès
dès que les navigateurs la supporteront. La possibilité de construire des
documents avec des morceaux d'autres documents est tout simplement trop utile pour
qu'on s'en passe et ne fait pas de mal à ceux qui ne l'utilisent pas.
Il a prédit un avenir tout aussi rose à JDOM
"au grand dam du W3C". Notant que des milliers de développeurs
bénéficiaient déjà de sa simplicité et facilité
d'utilisation, il l'a qualifié de
"triomphe du meilleur est l'ennemi du bien"
et poursuivit et disant qu'il pensait que Sun le supporterait dans leur
JCP (Java Community Process).
En dépit de quelques réserves -il a cité une expérience
d'implémentation d'un processeur XInclude pour laquelle
JDOM manquait de fonctionnalités présentes dans
DOM- il pense que JDOM convient
aux 90% des cas rencontrés par la plupart des programmeurs.
Elliotte Rusty Harold a été moins enthousiaste à
propos du langage W3C XML Schema, prévoyant
"un succès partiel"
. Il pense que les développeurs ont un besoin
désespéré de schémas, mais également que la spécification
est trop complexe pour être largement utilisée. De plus, il a suggéré
que les schémas seront remplacés d'ici dix ans, dès que l'on aura réuni
assez d'expérience pour déterminer ce qui est utile et ce qui ne l'est pas.
Au cours d'une revue rapide d'autres spécifications, il a pensé que
XLink et XPointer ne
réussiraient pas sans une application phare, que XSLT,
un succès remarquable, avait peu de raisons de changer et que
XSL FO (formatting objects)
bénéficierait d'une croissance lente mais constante, essentiellement dans
le milieu de l'impression. Il a également prédit que
MathML et SVG réussiraient
remplissant tous deux des besoins en attente depuis longtemps.
Du côté des perdants figurent XHTML,
JAXP, et les répertoires de schémas.
XHTML devrait être un échec en partie à cause
de sa complexité, du manque de support des outils, d'une médiocre documentation,
mais surtout parce que n'apportant pas d'avantages réels aux auteurs de pages web.
JAXP, bien qu'utile aujourd'hui succomberait face aux
nouvelles possibilités de SAX 2 et
DOM Level 3. Et les répertoires de schémas
(CommerceOne, UDDI,
BizTalk, xml.org, et les autres)
seraient les victimes de droits d'auteurs abusifs et d'un faible intérêt
pour leurs utilisateurs. A leur place, il voit des développements de schémas
réalisés au sein de leurs groupes d'intérêt qui s'auto publieront,
ont peut l'espérer dans le domaine public et sous des licences non restrictives
telles que celle du W3C.
La dernière prévision d'Elliotte Rusty Harold
fut que les navigateurs ne supporteraient pas XML
avant 2002 et que, quand ce support serait enfin effectif,
Mozilla regagnerait des parts de marché sur
Internet Explorer. En dépit de ce retard,
il voit le support de XML par les navigateurs comme
inévitable, poussé par la fragmentation du web entre terminaux non PC
tels que les téléphones portables et les ordinateurs de poche. Ceux là,
pense t'il, forceront l'adoption d'un format XML
indépendant des navigateurs.
Dans sa conclusion, Elliotte Rusty Harold a été optimiste.
Citant Alan Kay qui dit que
"la meilleure façon de
prévoir l'avenir est de l'inventer"
, il a encouragé son audience à
prendre une part active dans ce futur.
Copyright 2000,
Ron Bourret (auteur) et Eric van der Vlist (traducteur).
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