Appel pour une base de données botaniques mondiale.
Par Jean-Marc Vanel
Paris, France,
lundi 13 mars 2000
La finalité est de créer une base de connaissance botanique comprenant toutes les données de base :
- description des espèces, y compris images
- répartition géographique
Ceci sera accessible soit via Internet, soit en local via un CD/DVD. Le but final est la protection de la biodiversité. Et là, je
cite notre "Appel pour une base de données botanique mondiale" :
" A l'heure où des milliers d'espèces disparaissent, sans espoir de retour, parfois avant même d'être
décrites, il serait irresponsable (et absurde) de ne pas faire l'inventaire du patrimoine biologique de
notre terre. Comment conserver ce qu'on ne connaît pas? Or une connaissance d'accès trop difficile
est inutilisable. A l'heure actuelle un botaniste doit voyager pour étudier des herbiers, des
bibliothèques; par manque d'accès à l'information il est conduit à retarder des publications
d'espèces nouvelles, ou à publier des synonymes.
Il est évident que seule l'informatique peut réaliser et rendre accessible cet inventaire. Il n'y a pas
actuellement d'autre projet botanique ayant une envergure suffisante. "
Rendre accessible, cela veut dire en particulier offrir une assistance en ligne sur le Web à l'identification d'un
spécimen de plante, utilisant conjointement des questions-réponses et la reconnaissance informatique d'une image
du spécimen. On vise à inclure toutes les 250 000 et quelques espèces de plantes; les mêmes techniques peuvent
bien sûr s'appliquer en zoologie et microbiologie.
Le deuxième volet est de promouvoir un standard (un vrai) de représentation des descriptions biologiques et de la
façon dont elles sont publiées sur le Web. La solution passe par une utilisation judicieuse des standards du
World Wide Web Consortium (en essayant aussi d'influer sur leur évolution), en particulier XML. Ces standards
du Web permettront non seulement de publier une information de base (tirée des Flores classiques), mais aussi de
(pour les chercheurs) publier de l'information (par ex. étude de terrain) qui fasse explicitement référence à
l'information de base. Ainsi l'ensemble des informations biologiques publiées formera un réseau sémantique, qui
sera exploitable pour toute sortes de requêtes: corrélations, recoupements, synthèses. Ce réseau sémantique, basé
sur les concepts du Web, n'aura une fois lancé, plus guère besoin d'être supervisé; il sera rempli par les
contributions des naturalistes du monde entier.
Bien entendu, il ne s'agit pas de réinventer la roue en matières de logiciels, mais de réutiliser les logiciels libres et les projets
de recherche existants, de motiver et maintenir des collaborations avec les développeurs de logiciels libres, les
bioinformaticiens, les chercheurs en Intelligence Artificielle.
Encore une chose importante est qu'il ne s'agit pas essentiellement d'un projet de recherche, même s'il y a
beaucoup de recherche autour. C'est un projet de système d'information qui, dans le cadre d'un cycle de
développement itératif, veut produire rapidement un système utile et reconnu. Les informations et logiciels seront
"free software" et "free content".
Pour en savoir plus :
Base de données botaniques mondiale (en français et en anglais) : Worlwide Botanical Knowledge Base.
Copyright 2000,
Jean-Marc Vanel.
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